Fondue au fromage suisse traditionnelle : la moitié-moitié au Gruyère et au Vacherin, vin blanc et kirsch
La fondue était la nourriture d'hiver des paysans des Alpes : pain rassis et fromage dur, les deux seuls aliments qui restaient à la fin de l'hiver, attendris ensemble dans une marmite avec du vin. Au XXe siècle, l'Union suisse du fromage a transformé le plat familial en symbole national avec une campagne mémorable, et depuis la fondue, c'est la Suisse dans un caquelon.
Chaque canton a son mélange. La moitié-moitié de Fribourg est la plus appréciée : Gruyère, qui donne le goût fort, et Vacherin Fribourgeois, qui donne l'onctuosité et fond à plus basse température. La fécule de maïs et un peu d'acidité, du vin et du citron, empêchent le fromage de se séparer de la graisse.
L'étiquette est sacrée : on remue en huit, celui qui laisse tomber son pain dans le caquelon paie un gage, et la croûte qui se forme au fond, la religieuse, se dispute à la fourchette à la fin. On boit du vin blanc ou du thé noir ; l'eau glacée est interdite par la tradition.
Fiche de la recette
- Origine : Fribourg, Suisse
- Catégorie : Plat principal, fromage fondu
- Difficulté : Facile
- Temps de préparation : 15 minutes
- Temps de cuisson : 20 minutes
- Pour : 4 portions
Ingrédients
- 400 g de Gruyère râpé gros
- 400 g de Vacherin Fribourgeois râpé gros (ou Emmental, ou Raclette)
- 1 gousse d'ail coupée en deux
- 300 ml de vin blanc sec (Chasselas, Sauvignon Blanc ou autre vin léger)
- 1 cuillère à soupe de fécule de maïs
- 3 cuillères à soupe de kirsch (eau-de-vie de cerise)
- 1 cuillère à café de jus de citron
- Poivre noir du moulin et noix de muscade
- 600 g de pain de campagne à croûte épaisse, coupé en cubes avec la croûte, de préférence de la veille
- Petites pommes de terre cuites, cornichons et petits oignons au vinaigre pour accompagner
Préparation
- Frottez l'intérieur du caquelon (en céramique ou en fonte émaillée) avec l'ail coupé et laissez les moitiés dedans.
- Délayez la fécule dans le kirsch et réservez.
- Versez le vin et le jus de citron dans le caquelon et chauffez à feu moyen jusqu'au frémissement.
- Baissez le feu et ajoutez le fromage peu à peu, une poignée à la fois, en remuant toujours en huit avec une cuillère en bois jusqu'à ce qu'il fonde avant d'ajouter la suivante.
- Quand tout le fromage est fondu et lisse, incorporez le kirsch avec la fécule et remuez 2 minutes, jusqu'à ce que la fondue épaississe et devienne brillante.
- Assaisonnez de poivre et de noix de muscade.
- Portez le caquelon à table sur le réchaud à flamme douce, juste assez pour maintenir un léger frémissement.
- Piquez les cubes de pain par la croûte, trempez, tournez en huit et dégustez. Remuez de temps en temps pour que ça n'attache pas au fond.
Astuces et variantes
- Si la fondue se sépare, ajoutez une cuillère à café de fécule délayée dans un peu de vin et remuez vigoureusement à feu doux jusqu'à ce qu'elle reprenne.
- Si elle est trop épaisse, ajoutez un peu de vin chaud ; trop liquide, une poignée de fromage.
- Le fromage râpé au moment fond mieux que le râpé du commerce, qui contient un antiagglomérant.
- Sans kirsch, mettez un peu plus de vin ; la fondue perd le parfum, pas la texture.
- La version genevoise ajoute un peu de Raclette et des champignons ; celle de Vaud n'est que Gruyère.
- La croûte du fond se décolle à la spatule et c'est la meilleure part pour beaucoup de Suisses.
- Cuisez la fondue toujours à feu doux une fois le fromage ajouté ; une forte ébullition la fait trancher.
La fondue est un plat de table lente, de conversation et de longue fourchette. Faites-la par une nuit froide, avec du bon pain, du bon vin et sans aucune hâte.